Malandain, ces petits riens aux airs de baleine blanche

PRESSE – Malandain a dansé à Paris. Plus de soixante créations présentées tout autour du globe, dont certaines entrées au répertoire d’autres compagnies… Et pourtant, le chorégraphe du Ballet Biarritz et ses danseurs n’avaient jamais été programmés dans la capitale, où leur style n’était probablement pas dans les petits papiers appropriés. Etape aussi importante que dérisoire dans la carrière de l’artiste, le passage, très apprécié, en mai dernier à Chaillot, vient jalonner un combat quotidien et pourtant simple : danser.

[Extrait]

Le studio. Le tapis. Le miroir. Les danseurs et le son. Des ingrédients primordiaux qui pourraient suffire au bonheur du chorégraphe. Si la danse n’avait besoin d’un public, le public d’un spectacle, le spectacle d’une diffusion, la diffusion d’une structure lourde… comme une pelote de fil s’échappe, sans qu’on en puisse vraiment maîtriser la course à moins de l’immobiliser. Si la danse était moins fragile aussi. Et Malandain se cale au fond de sa chaise, y quêtant peut-être un réconfort, s’excusant de l’aveu de sa mélancolie :

« Cet art est terrible. Parce que je suis idéaliste, et que je ne suis jamais totalement satisfait de mon travail ; la perfection peut parfois se montrer, un court instant, mais elle s’enfuit aussitôt. Elle exige la concordance de tant de données… Et surtout, l’éphémère, la fragilité, l’incertitude de notre métier sont très difficiles à accepter pour moi. Lorsque je créé un spectacle, je l’ai imaginé, rêvé, à partir de danseurs bien précis. Parfois certains nous quittent, certains se blessent, et ce que j’avais construit, tout en vivant toujours, amélioré par d’autres interprètes, n’existe pourtant déjà plus. »

Ma mission : interviews et rédaction

texte intégral disponible sur demande

REVISTA n°13
été 2006
Le blog de Claude Nori, fondateur du magazine en 2003